Histoire de la section

L’histoire du PS s’inscrit dans un long combat, mené de générations en générations, par des femmes et des hommes qui ne se sont jamais résignés à l’injustice, la déraison, les inégalités qui sévissent un peu partout dans le monde.

La connaissance de notre passé commun est indispensable, non seulement pour tirer des enseignements pour aujourd’hui et pour demain, mais aussi pour prendre la véritable mesure de notre action. Des origines à Épinay, du congrès de Tours à la recomposition de la gauche socialiste, retour sur un siècle d’histoire.

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Première partie : de 1974 à 1989

1969 Congrès d’Issy les Moulineaux

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A sa création, le Parti Socialiste, qui succéde à la SFIO, est représenté sur le 13e arrondissement par une section géographique unique.

1971 Congrès d’Epinay

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La section qui compte plus de 300 militants est divisée en deux pour améliorer le débat interne et être plus proches du terrain.

1974 Naissance de la 13e Ouest

Paul Quilès

Son territoire correspond à la 14e Circonscription législative de Paris et Paul Quilès en est le premier Secrétaire. Avec l’arrivée des militants transfuges du PSU, la section dépasse dès 1974 les 200 militants.

1975 Congrès de Pau

Congrès de Pau

Premier congrès de la section, il permet à la majorité du Parti – Mitterrand / Rocard – de s’imposer dans la section alors que la Fédération de Paris, comme la 13e Est, reste un bastion du CERES.

1977 Congrès de Nantes

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Paul Quilès remporte la seule circonscription parisienne gagnée par le Parti Socialiste. La joie des militants est contrariée par la défaite nationale tant redoutée depuis la rupture PS/PC sur l’actualisation du Programme Commun et la division de la Gauche.

1979 Congrès de Metz

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C’est le congrès de l’affrontement dans la perspective de la présidentielle de 1981 entre Mitterrand et Michel Rocard, un an après la défaite aux législatives.

1983 Congrès de Bourg-en-Bresse

Paul Quilès devient Ministre de l’Equipement. Serge Blisko le remplace au Palais Bourbon et Paul Servy est le nouveau Secrétaire de section.

1985 Congrès de Toulouse

1985 Congrès de Toulouse

La conversion à la social-démocratie est consolidée au congrès de Toulouse, qui est celui du triomphe de Laurent Fabius.

1986 Élections législatives et régionales

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8 députés socialistes sont élus sur la liste menée par Lionel Jospin et  Paul Quilès tandis que Serge Blisko est élu au conseil régional.

Première partie : de 1974 à 1989

par Edouard Patino, le 10 juin 2005


A sa création en 1969 au Congrès d’Issy les Moulineaux, le Parti Socialiste, qui succéde à la SFIO, est représenté sur le 13e arrondissement par une section géographique unique.

Après les nombreuses adhésions qui suivent le Congrès d’Epinay en 1971, la signature du Programme Commun et le Congrès de Grenoble de 1973, la section compte plus de 300 militants. Aussi, les militants choisissent-ils de diviser la section en deux pour améliorer le débat interne et être plus proches du terrain.


C’est donc fin 1973 que nait la 13e Ouest et très vite elle s’organise pour mener la campagne Présidentielle de 1974.

Son territoire correspond à la 14e Circonscription législative de Paris et Paul Quilès en est le premier Secrétaire. Il organise la campagne militante pour la Présidentielle de 1974 et avec l’arrivée des militants transfuges du PSU, suite aux Assises du Socialisme (octobre 1974), la section dépasse dès 1974 les 200 militants.

Le Congrès de Pau en 1975 est le premier de la section et il permet à la majorité du Parti – Mitterrand / Rocard – de s’imposer dans la section alors que la Fédération de Paris, comme la 13e Est, reste un bastion du CERES (courant dirigé par J.P. Chevènement).

Les talents de dirigeant politique et d’organisateur de Paul Quilès, bien aidé par une CA très dynamique et pour les tâches administratives par Josèphe-Marie Quilès, se révèlent très vite. Pour coller au terrain, la section est découpée en 7 secteurs géographiques. Les secteurs, à l’image des cellules du PC, sont le premier lieu de débat, de formation et de militantisme. Pour les sujets transverses, des GAR (Groupe d’Action et de Réflexion) sont créés ; les plus dynamiques sont ceux consacrés au logement, à l’urbanisme, à l’éducation, à la petite enfance et à l’environnement.

Rappelons qu’à l’époque, si les discussions sur la Révolution des Œillets au Portugal enfièvrent les AG, l’aménagement du 13e avec la construction des tours occupe beaucoup les militants de la 13e Ouest qui se passionnent aussi pour les Comités de Soldats et surtout les 15 thèses pour l’autogestion.

La Formation dont s’occupe à la CA le secrétaire-adjoint Gilbert Mathieu est une des bases du militantisme. Plusieurs samedis par an, les militants sont conviés à des séances de formation. Yvette Roudy, Colette Audry, Pierre Rosanvallon, Patrick Viveret viennent ainsi rue de la Glacière ou avenue Reille former les militants à l’histoire du Parti, l’autogestion, le féminisme, le front de classe ou même la prise de parole en public et l’écriture d’un tract ; « 2/3 de propositions et 1/3 d’attaques » disait toujours Gilbert Mathieu (par ailleurs chef du service économique du journal Le Monde).


Début 1977, pour les élections municipales, une AG mémorable réunit les deux sections du 13e à la Mie de Pain, rue Charles Fourrier. Il faut élire nos 3 candidats au Conseil de Paris ; l’accord PC/PS prévoie que la tête de liste doit être PC (alors dominant sur l’arrondissement) tout comme 4 conseillers sur les 7 éligibles. L’affrontement entre d’un côté Louis Moulinet, Jean Pierre Welterlin et Daniel Benassaya appuyés par le CERES et de l’autre Paul QuilèsGérard Fuchs et Jean Marie Le Guen, représentants du courant A, est terrible.

Finalement, au bout de la nuit, avec moins de 10 voix d’écart sur plus de 350 militants, le trio du CERES l’emporte. Et dans le sillage de Georges Sarre qui conduit la liste parisienne « Changer la vie », ils sont élus Conseillers de Paris. C’est l’année où Jacques Chirac devient Maire de Paris ; la Gauche gagne un très grand nombre de villes, démontrant ainsi qu’elle est devenue majoritaire dans le pays. La victoire aux élections législatives qui vont suivre semble promise.

Le Congrès de Nantes au printemps 1977 confirme dans la section comme dans le Parti l’hégémonie du courant 1 face au courant 2 (le CERES).

A l’été 77, l’actualisation du Programme Commun tourne mal mais cela ne freine pas l’ardeur des militants de la 13e Ouest qui, dès la rentrée, se mobilisent pour gagner cette 14e circonscription  tenue par la droite et où depuis 1958, le PC a toujours devancé le PS.

Le ticket Paul Quilès (Mitterrandiste) – Maïté Mathieu (Rocardienne) est choisi par les militants à l’automne 1977 pour mener la bataille des législatives de mars 1978. Le PC qui entend gagner cette circonscription où la Droite ne l’a battu en 1973 que de 14 voix, présente Philippe Herzog, un de ses plus sûrs espoirs de l’époque. Quant à la Droite, Chirac choisit un parachuté, Alexandre Sanguinetti, vieux lion gaulliste redoutable. La bataille du 1er tour, où il faut absolument devancer le PC pour faire gagner la gauche est dure et la section mène une campagne exceptionnelle.

Le second tour contre la Droite connait deux moments forts. Tout d’abord, François Mitterrand, venu nous soutenir, subit dans le centre Galaxie (Italie II) une attaque de militants d’extrême droite. C’est couverts d’œufs et de jus de tomates que beaucoup de militants regagnent le vieux local de section rue Bourgon. Ensuite, un grand débat public organisé par un quotidien au PLM St-Jacques oppose devant 2000 personnes Paul Quilès à Alexandre Sanguinetti. Ce soir-là, tous les militants croient à la victoire.

Celle-ci arrive et elle est d’autant plus remarquée que c’est la seule circonscription parisienne gagnée par le Parti Socialiste. La joie des militants est contrariée par la défaite nationale tant redoutée depuis la rupture PS/PC sur l’actualisation du Programme Commun et la division de la Gauche.

Le soir à la télévision, Michel Rocard explique la défaite et… le Congrès de Metz  commence.

Paul Quilès député, c’est Jean-Claude Giblin qui devient Secrétaire de la 13e Ouest. Simultanément, une opération d’expropriation de la Ville de Paris nous force à quitter le local de la rue Bourgon et c’est en mai 1978 que notre section s’installe au 1er étage du 41, rue Bobillot tout près de la mairie.


Pour les militants de la 13e Ouest,
la première étape de la prise du pouvoir s’achève.

Mais à l’automne 1978, une grave tension internationale va marquer la vie de notre section. Les militants du parti, indépendamment des clivages de courants, ont aussi une histoire personnelle et sont passionnés par la politique internationale.

– Les anciens, ceux de plus de 40 ans, sont encore très marqués par les guerres coloniales et en particulier la guerre d’Algérie qui s’est achevée il y a moins de vingt ans.

– Les plus jeunes, ceux qui ont 30 ans et moins, sont des enfants de 68 et ils se sont formés en participant à toutes les manifs contre la guerre du Viêtnam et l’impérialisme américain. Cet impérialisme se manifeste dans le sud-ouest asiatique mais aussi en Amérique latine comme au Chili où Allende vient d’être assassiné. Il vient de prendre fin en Europe avec la disparition de Franco, Salazar et des colonels grecs dans les années 1970.

Aussi en cette fin d’année 1978, les militants de la section manifestent-ils en nombre contre le Shah et pour la libération du peuple Iranien. Mais la découverte dans le cortège de « barbus » brandissant des portraits de Khomeiny va en gêner certains et cela donnera lieu à un débat mémorable au sein de notre première CA de l’année 1979. Jean-Claude Giblin notre secrétaire devra user de ses meilleurs talents diplomatiques pour canaliser l’affrontement.

Pour faire simple, deux lignes s’opposent :

– celle qui pense que virer le Shah (et sa police politique la Savak qui torture) et dénoncer l’impérialisme américain qui sévit encore, est la priorité ;

– et celle qui, vaccinée par ce que l’on commence à découvrir sur le « Kampuchéa libéré », s’interroge sur la participation des socialistes à ces manifestations qui, sous couvert d’anti américanisme, couvre peut-être l’arrivée de régimes plus effroyables encore.

On entendra même notre trésorier bien aimé de tous Marc Flambeau, chauffeur de taxi et ancien combattant en Algérie, tenir des propos expéditifs sur l’Islam et les croyants en général.

Mais nous entrons dans la préparation du congrès de Metz (avril 1979) qui va être difficile pour beaucoup d’entre nous. Le courant majoritaire se coupe en quatre (Mitterrand, Mauroy, Rocard, Defferre) et le CERES en deux (Chevènement et Pierret).

Dans la 13e Ouest, c’est le courant A (Mitterrand) qui l’emporte devant le courant C ( Rocard).

C’est le congrès du débat entre le « Socialisme et le Marché » et celui ou une nouvelle génération de dirigeants (Jospin, Fabius et Quilès) prend les clefs du Parti.

Serge Blisko, qui a fini son service militaire, succède à Jean Claude Giblin à la tête de la section et très vite, il faut batailler pour la campagne des Européennes de 1979 que Mitterrand conduit et préparer la Présidentielle de 1981.

Paul Quilès, jeune député remarqué par Mitterrand, devient le Directeur de cette campagne qui va entrer dans l’Histoire. « La force tranquille » triomphe. Et c’est ainsi que le 10 mai 1981, après avoir tenu les bureaux de vote, les militants de la section se retrouvent vers 22 h au métro place d’Italie pour rejoindre la Bastille et fêter la victoire de François Mitterrand.

Les législatives qui suivent tiennent compte des nouveaux équilibres issus du Congrès de Metz et les militants de la 13e Ouest choisissent le ticket Paul Quilès / Serge Blisko qui gagne facilement la législative avec près de 60% des voix.

Après le Congrès de Valence à l’automne 1981 où il n’y a qu’une seule motion se déroulent les Municipales de 1983. Depuis Metz, le CERES ne dirige plus seul la Fédération de Paris et une bataille interne oppose Georges Sarre soutenu par le CERES à Paul Quilès soutenu par le courant A pour la candidature à la Mairie de Paris. Les militants parisiens choisissent Paul Quilès. La campagne est très difficile en raison de la main mise de Chirac sur la vie politique parisienne et la droite s’empare du 13e. L’échec de la Gauche en France est cuisant et nous perdons beaucoup de villes (Grenoble dès le 1er tour, mais aussi Nantes et Dreux où l’extrême droite apparaît pour la première fois).

Après le Congrès de Bourg-en-Bresse à l’automne 1983 où le CERES se compte, Chevènement quitte le Gouvernement ; Paul Quilès devient Ministre de l’Equipement. Serge Blisko le remplace au Palais Bourbon et Paul Servy est le nouveau Secrétaire de section.

En 1985, au Congrès de Toulouse – début de l’affrontement Fabius 1er Ministre / Jospin 1er Secrétaire – ce sont les Rocardiens qui se comptent (Rocard opposé à la proportionnelle quitte le Gouvernement) alors que le CERES réintègre la majorité.

Les Législatives de 1986 à la proportionnelle départementale échappent un peu aux sections locales car il y a une liste socialiste pour la circonscription « Paris » menée par Lionel Jospin et  Paul Quilès ; 8 députés socialistes sont élus. Les élections régionales qui se déroulent simultanément permettent à Serge Blisko d’être élu au conseil régional.

Après la cohabitation de 1986/1988, la réélection de François Mitterrand remet la gauche au pouvoir. Le « découpage » Pasqua change les circonscriptions et notre section se retrouve à cheval sur deux circonscriptions : un petit morceau entre les avenues de Choisy et d’Italie est sur le territoire de la 9ecirconscription, le reste de la section avec un morceau du 14e forme la 10e circonscription.

Lors des législatives de 1988, Paul Quilès choisit de se présenter sur la 9e circonscription avec Jean Marie Le Guen comme suppléant. Les militants de la 10e choisissent un ticket Castagnou / Blisko. Mais la Fédération de Paris qui souhaite réserver cette circonscription aux femmes impose Gisèle Stievenard. Celle-ci fait une bonne campagne et devance même Toubon sur le 13e. Malheureusement, la partie du 14e donne un avantage global au candidat de la Droite.

Elu, Paul Quilès devient Ministre des télécommunications et de l’espace et rejoint la 13e Est. Gisèle Stievenard part dans le 19e arrondissement et Serge Blisko devient le leader politique de la 13e Ouest.

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Deuxième partie : de 1989 à 2002

1991 : Edith Cresson, Première ministre

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François Mitterrand congédie en mai 1991 Michel Rocard pour le remplacer à Matignon par Edith Cresson.

En avril 1992 Pierre Bérégovoy remplace Edith Cresson et la gauche, qui vient de connaître des régionales catastrophiques, se prépare à un échec historique aux législatives de mars 1993 à venir.

1992 : Traité de Maastricht

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L’année 1992 est une année de crise : crise économique avec les conséquences négatives sur l’économie mondiale de la première guerre du Golfe ; crise européenne avec l’effondrement du bloc soviétique à l’Est et l’approbation du traité de Maastricht dans la douleur à la rentrée de septembre ; crise existentielle enfin avec les ravages causés par le Sida qui emportera des militants dont l’ancien secrétaire de section 13ème Est.

1993 : Congrès du Bourget

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Au Conseil National du 3 avril 1993, Laurent Fabius est mis en minorité et une direction nationale provisoire est mise en place pour préparer le congrès programmé à l’automne. C’est Michel Rocard qui préside cette commission. La motion qui regroupera les principaux dirigeants du Parti (Rocard, Fabius, Jospin, Mauroy) pour ne pas rejouer le congrès de Rennes, recueillera plus de 82% au congrès du Bourget.

1994 : Congrès de Liévin

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Alors que se tient le congrès du Parti socialiste dans la ville, le Président François Mitterrand commémore la catastrophe de Liévin. Pour les militants du 13ème qui vont assister au Congrès, l’appel du premier secrétaire Henri Emmanuelli à Jacques Delors pour être le candidat des socialistes à la Présidentielle constitue un moment très fort.

1995 : Primaire présidentielle socialiste

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Début février, avec deux tiers des voix, Lionel Jospin emporte largement la primaire présidentielle socialiste face à Henri EmmanuelliLa campagne des présidentielles perdues, Henri Emmanuelli s’efface pour laisser la place à Lionel Jospin qui, 14 ans après 1981, redevient Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

1995 : Grèves contre le plan Juppé

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Le mois d’octobre est marqué par une série de grèves et de manifestations, la plus importante ayant réuni le 12 décembre 1995 deux millions de personnes dans toute la France.

1997 : Victoire de la « Gauche plurielle »

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Après le Programme commun et l’Union de la gauche des années 1970, voici venu le temps de la « Gauche plurielle ». Alors que Jacques Chirac dissout l’Assemblée Nationale, la Majorité plurielle remporte les élections législatives de 1997 et Lionel Jospin est nommé Premier ministre.

1997 : Serge Blisko réélu député

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Serge Blisko l’emporte – enfin – avec 51,5% sur Toubon et tous les militants de l’arrondissement se retrouvent à la mairie, place d’Italie, pour fêter cette victoire tant attendue.

1999 : Victoire des socialistes aux élections Européennes

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Aux élections européennes de 1999, c’est notre premier secrétaire François Hollande qui conduit la liste socialiste. Celle-ci arrive en tête avec 22% des voix.

2000 : Congrès de Grenoble

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Les militants retrouvent le chemin des AG pour la préparation du congrès de Grenoble où trois motions sont présentées au vote des militants : c’est la motion de François Hollande soutenue par Mauroy, Rocard et Fabius qui l’emporte avec près de 75% des suffrages.

2001 : Bertrand Delanoë l’emporte à Paris

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Les listes de Bertrand Delanoë l’emportent à Paris en gagnant six arrondissements de plus qu’en 1995. Bien sûr, le 13ème bascule à gauche et avec plus de 56% la victoire est éclatante. Serge Blisko s’installe à la mairie du 13ème et trois militants de notre section (Serge Blisko, Myriam Constantin et Pierre Gatignon) deviennent Conseillers de Paris.

2001 : Annick Olivier, secrétaire de notre section

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Dans notre section après un septennat (1994-2001), Pierre Gatignon cède le poste de secrétaire de section à Annick Olivier, cadre des PTT et militante confirmée, elle est la première femme secrétaire de notre section.

Deuxième partie : de 1989 à 2002

Texte issu des réunions du Groupe du Travail – Version Octobre 2015


Lors des élections municipales de 1989, l’ambition des socialistes est de conquérir la mairie d’arrondissement. Paul Quilès renforce son équipe locale et constitue une liste jeune, féminine et ouverte vers la société civile. A ses côtés, on retrouve naturellement Serge Blisko et Jean- Marie Le Guen, mais aussi, en fin de liste, un jeune de 22 ans: Jérôme Coumet. Malheureusement, après une campagne ardue, la liste de gauche ne recueille que 47% des voix et Toubon conserve la mairie du 13ème, tandis que Jacques Chirac remporte son second grand chelem à Paris. Notons, au plan national, lors de ces élections, la poussée des écologistes et l’émergence du vote Front National qui provoque quelques triangulaires.

Notre section, qui est alors dirigée par Pierre Bediou, va préparer le terrible congrès de Rennes qui se tient en mars 1990. Sept motions sont proposées aux militants. Au niveau national, c’est la motion Jospin qui l’emporte avec 29%, juste devant celle de Fabius (28,9%) et celle de Rocard (24,2%). Les deux leaders historiques du Parti, Poperen et Chevènement, suivent avec un peu moins de 10% chacun. Remarquons enfin que les deux dernières listes obtiennent des scores anecdotiques : J.-L. Mélenchon (1,3%) et M.-N. Lienemann (0,6%). Cette dernière rejoindra, 20 ans après, notre section. Ce congrès est le théâtre d’affrontements très durs entre les deux héritiers du mitterrandisme dont il faut bien reconnaître, avec le recul, qu’ils étaient davantage d’ordre personnel que de nature politique ou idéologique. Le congrès de Rennes marque ainsi la fin de l’ère Mitterrand sur le Parti, 20 ans après Epinay. Les militants de base de la 13ème ouest présents à Rennes, garderont en mémoire le ballet des R 25 sur le parking réservé aux ministres et aux élus !

Sur l’arrondissement, le déchirement est total ; la 13ème Ouest a voté massivement pour la motion Fabius et la 13ème Est pour Jospin. Dans la section, le « sociologue » Pierre Bediou est remplacé par Jean Guiloineau, écrivain et traducteur ; il apportera une note littéraire aux éditoriaux de notre bulletin de section.

La défaite aux municipales puis ce congrès très difficile amèneront Paul Quilès à quitter notre arrondissement pour la circonscription de Jaurès, dans le Tarn. Il annoncera sa décision aux militants de son courant en juin 1992 dans un local associatif de la tour Abeille. « Je rêvais de la mairie du 13ème et j’ai conquis 5 ans plus tard la mairie de Cordes-sur-Ciel qui date du 13ème Siècle » nous confiera-t-il quelques années plus tard.

Le début des années 1990 est une triste période pour les socialistes. François Mitterrand congédie en mai 1991 Michel Rocard pour le remplacer à Matignon par Edith Cresson. Au Parti Socialiste, on « refait le match » au congrès de l’Arche et Laurent Fabius succède à Pierre Mauroy.

L’année 1992 est une année de crise : crise économique avec les conséquences négatives sur l’économie mondiale de la première guerre du Golfe ; crise européenne avec l’effondrement du bloc soviétique à l’Est et l’approbation du traité de Maastricht dans la douleur à la rentrée de septembre ; crise existentielle enfin avec les ravages causés par le Sida qui emportera des militants dont l’ancien secrétaire de section 13ème Est.

Aux régionales, le résultat de la gauche est catastrophique ; en métropole seul le Limousin reste à gauche et c’est une verte, Christine Blandin, qui après bien des tractations PS/Verts préside le Nord / Pas-de-Calais.

En avril 1992 Pierre Bérégovoy remplace Edith Cresson et la gauche, qui vient de connaître des régionales catastrophiques, se prépare à un échec historique aux législatives de mars 1993 à venir.

Seule une cinquantaine de députés socialistes s’en sortiront. Lionel Jospin à Cintegabelle et François Hollande en Corrèze seront battus. A Paris, Georges Sarre sera le seul élu de gauche (dans le 11ème). Dans le 13ème les deux circonscriptions votent à droite, mais dans la 10ème circonscription, le score de Serge Blisko (44%) face à Jacques Toubon reste honorable.

Les socialistes touchent le fond avec cette élection qui provoque une seconde cohabitation avec cette fois Edouard Balladur à Matignon. Au Conseil National du 3 avril 1993 qui suit ce grave revers, Laurent Fabius est mis en minorité et une direction nationale provisoire est mise en place pour préparer le congrès programmé à l’automne. C’est Michel Rocard qui préside cette commission. La motion qui regroupera les principaux dirigeants du Parti (Rocard, Fabius, Jospin, Mauroy) pour ne pas rejouer le congrès de Rennes, recueillera plus de 82% au congrès du Bourget.

Dans la 13ème Ouest, cette motion sera encore plus majoritaire et seul un petit groupe de militants autour d’Emmanuel Llorens soutiendra la motion de Poperen. La section compte alors à peine plus de 100 militants et c’est Gérard Capdeville, professeur de mathématiques, qui en devient le secrétaire.

Encore meurtri, le Parti Socialiste doit engager la campagne des européennes de juin 1994 ; c’est Michel Rocard qui conduit notre liste pour mener une campagne qui va lui être fatale. En effet, une liste du MRG menée par Bernard Tapie avec Christiane Taubira et Noël Mamère recueillera plus de 12%. Face à cette poussée du centre gauche derrière laquelle certains verront la main de François Mitterrand, la liste socialiste recueille 14,5% et Michel Rocard se retirera au Conseil National qui suit. Henri Emmanuelli lui succède et le Parti prépare un nouveau congrès pour l’automne.

A Liévin, en novembre 1994, deux motions s’opposent : « Etre socialiste » qui regroupe tous les caciques du Parti, recueillera 92% ; et « Agir en socialistes » conduite par le jeune espoir Vincent Peillon obtiendra 8%. Pour les militants du 13ème qui vont assister au Congrès, deux temps forts resteront dans leur tête :

– la visite de François Mitterrand et ses deux discours : celui commémorant le vingtième anniversaire de la catastrophe minière de Liévin et celui prononcé à la mairie de Liévin.

– mais aussi la position paradoxale du premier secrétaire Henri Emmanuelli dont les propos très à gauche sont contrebalancés par un appel vibrant à Jacques Delors pour être le candidat des socialistes à la Présidentielle qui arrive !

Trois semaines plus tard, le 11 décembre à l’émission d’Anne Sinclair 7 sur 7, Jacques Delors détaille pendant une heure ce qui pourrait être son programme avant de conclure… sur son refus de se porter candidat alors que tous les sondages le donnent gagnant face aux candidats de droite Chirac ou Balladur !

A la 13ème Ouest, lors du congrès, Pierre Gatignon a remplacé Gérard Capdeville. Il anime d’importants débats sur l’école et la tentation d’alliances politiques plus recentrées qu’incarne Jacques Delors, ancien membre du cabinet de Chaban-Delmas en 1969. Dans le 13ème, la tension entre les deux sections est forte avant les municipales qui se profilent.

Pour la première fois et conformément à nos nouveaux statuts, c’est par une primaire que les socialistes vont choisir leur candidat à la présidentielle de 1995. Début février, avec deux tiers des voix, Lionel Jospin l’emporte largement face à Henri Emmanuelli. A noter que la 13ème Ouest, encore très fabiusienne, est la seule section de Paris à ne pas placer Lionel Jospin en tête.

La campagne de Lionel Jospin est remarquable. Il redonne confiance et dignité à la gauche. En tête au premier tour avec plus de 23% des voix, il dépasse les 47% au second tour face à Chirac.
Le congrès de Rennes et la débâcle de 1993 sont oubliés dans la 13
ème Ouest comme au sein du Parti et la reconquête du pouvoir anime et motive les militants qui ont un nouveau premier secrétaire ; en effet Henri Emmanuelli s’efface pour laisser la place à Lionel Jospin qui, 14 ans après 1981, redevient Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

Les municipales de juin 1995, dans la foulée des présidentielles, sont correctes pour le Parti Socialiste (gains de Grenoble, Rouen et Tours ; mais perte de Marseille et de nombreuses villes moyennes). A Paris les listes conduites par Bertrand Delanoë gagnent 6 arrondissements dont 5 à l’issue de triangulaires suite à la percée du Front national. Petite déception pour le 13ème arrondissement qui reste à droite. C’est l’année où le FN gagne 3 mairies (Toulon, Orange et Marignane) et où le déclin du Parti Communiste s’accentue avec la perte de villes symboles comme Le Havre, Corbeil ou Tulle.

Mais pour les militants de la 13ème Ouest, une nouvelle campagne démarre à la rentrée : en effet Alain Juppé a formé un gouvernement dans lequel on retrouve Toubon et son suppléant Goasguen ce qui provoque une partielle dans la 10ème circonscription de Paris. C’est Serge Blisko, toujours médecin rue du Jura, qui porte les espoirs du Parti Socialiste. Lionel Jospin viendra dans le 13ème le soutenir lors d’un meeting mémorable au gymnase de la rue de la Glacière. Malgré une belle campagne, nous perdrons avec plus de 49% ; dans la partie 13ème de la circonscription Serge Blisko devancera Toubon. Des victoires à venir nous sont promises.

Mais l’année 1996 démarre douloureusement : le 8 janvier, en fin de matinée, François Mitterrand s’éteint. Les militants du 13ème comme de très nombreux parisiens se rendront à la Bastille pour lui rendre un dernier hommage.

Jacques Chirac choisit Alain Juppé, dit «le meilleur d’entre nous», pour diriger le gouvernement. Celui-ci va rapidement rencontrer une forte résistance syndicale et sociale en voulant réformer les systèmes de retraite et de sécurité sociale. Les grèves d’octobre à décembre 1995 contre le plan Juppé furent à leur époque les plus importantes depuis celles de Mai 68.

Le Parti socialiste prépare la reconquête du pouvoir et il s’engage à tenir 3 conventions thématiques dans l’année qui suit pour servir de base à son futur programme électoral :

– Mondialisation, Europe et France.
– Les acteurs de la Démocratie.
– Propositions économiques et sociales.

Celles-ci se dérouleront en Mars, Juin et Décembre de l’année 1996 ; elles feront revenir des militants et contribueront à renouveler notre corpus idéologique et nos alliances. Après le Programme commun et l’Union de la gauche des années 1970, voici venu le temps de la « Gauche plurielle » et d’un programme économique réaliste et raisonné.

A la fin de l’année, le Parti socialiste qui vient d’acquérir l’immeuble rue de Solferino, dont il était jusqu’alors locataire, lance un important chantier pour restructurer son siège et préparer les prochaines législatives dans un bâtiment fonctionnel.

Mais le 21 avril 1997, Jacques Chirac dissout l’Assemblée Nationale et cette « dissolution hasardeuse » va tout accélérer.

Grâce aux conventions thématiques, le parti dispose d’une base programmatique solide ; la gauche qui s’est comptée deux ans plus tôt aux présidentielles connaît sa force. Lionel Jospin en est le leader incontestable. Avec plus de 310 députés dont 255 pour le Parti Socialiste, la victoire des forces de gauche est nette et la « Gauche plurielle » va gouverner.

Ainsi donc, le 2 juin 1997, c’est à Matignon que Lionel Jospin s’installe et c’est François Hollande, qui vient de reconquérir son siège de député en Corrèze, qui arrive en scooter rue de Solferino pour prendre place dans le bureau tout neuf du premier secrétaire au premier étage. Dans le 13ème , les deux circonscriptions sont conquises par la gauche.

Serge Blisko l’emporte – enfin – avec 51,5% sur Toubon et tous les militants de l’arrondissement se retrouvent à la mairie, place d’Italie, pour fêter cette victoire tant attendue.

Lionel Jospin apporte immédiatement un vent frais et neuf dans le paysage politique français. Le gouvernement qu’il forme, « sa Dream Team » diront les journalistes, est jeune, avec de nombreuses femmes et ouvert sur la diversité. Les deux premières mesures qu’il prendra seront annonciatrices de sa politique : la création des emplois jeunes marque l’effort qui doit être fait pour combattre le chômage et l’ouverture du capital de France Telecom indique qu’il saura s’adapter au monde économique de la fin du 20ème siècle.
Dans notre section, les débats sur l’ouverture du capital des entreprises publiques, ou sur le « dégraissage du mammouth » (c’est-à-dire de l’Education Nationale) voulu par Claude Allègre, sont vifs lors des Assemblées générales qui se déroulent habituellement avenue Reille.

De l’année 1998, les Français garderont le souvenir de la Coupe du Monde que la France organise et remportons avec une équipe « Black-Blanc-Beur ». Au stade Charléty dans le 13ème, un écran géant a été installé et le soir de la finale, plus de 10 000 personnes s’y retrouvent. Les militants de la 13ème Ouest, entre deux matches qu’ils regardent dans le local de la section au 41 rue Bobillot, débattent des 35 heures que Martine Aubry doit mettre en place et de l’instauration du PACS, qu’une élue de droite – Christine Boutin – combattra à l’Assemblée Nationale la Bible à la main !

Les régionales confirment notre redressement et nous remportons 8 régions sur 22 en France Métropolitaine, dont l’Ile-de-France, la Gauche plurielle emmenée par Jean-Paul Huchon (Marie-Pierre de la Gontrie étant tête de liste parisienne) devançant l’alliance RPR-UDF conduite par Jean-François Copé (41,2%/37,8%). Cette élection est marquée par l’alliance d’une partie de la droite avec le FN pour conserver des Présidences de Région, comme Charles Millon en Rhône-Alpes et Jacques Blanc en Languedoc-Roussillon qui ne s’en remettront pas.

Le gouvernement de Lionel Jospin travaille et avance : les 35 heures sont mises en place, la couverture maladie universelle (CMU) est instaurée (1999), et bientôt l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) sera créée (2001).

Aux élections européennes de 1999, c’est notre premier secrétaire François Hollande qui conduit la liste socialiste. Celle-ci arrive en tête avec 22% des voix.

Au début de l’année 2000, les militants choisissent leurs candidats pour les municipales. A Paris, une primaire sévère va opposer Bertrand Delanoë à Jack Lang. Les clans du congrès de Rennes se reconstituent dans la capitale et une AG de présentation des deux candidats à la Mutualité tourne mal. Finalement Lionel Jospin sifflera la « fin de la récré » en nommant Jack Lang au gouvernement le 27 mars 2000 pour remplacer Claude Allègre à l’Education Nationale. Dans le 13ème Jean-Marie Le Guen est investi lors d’une AG dans le préau de l’école de la rue Fagon regroupant tous les militants encartés habitant l’arrondissement.

Les militants retrouvent le chemin des AG pour la préparation du congrès de Grenoble (oct. 2000) où trois motions sont présentées au vote des militants : c’est la motion de François Hollande soutenue par Mauroy, Rocard et Fabius qui l’emporte avec près de 75% des suffrages. Les 26% restants se répartissent à égalité entre celle présentée par Emmanuelli et celle de la « Gauche Socialiste » signée par Dray, Lienemann et Mélenchon (motion Atika).

A l’automne 2000, « l’affaire de la MNEF » perturbe la préparation des municipales dans le 13ème ; des militants de la 13ème Ouest anticipent et vont rencontrer Bertrand Delanoë pour lui demander de venir prendre la tête de liste de l’arrondissement avec deux arguments :

– le 13ème est un arrondissement à gagner et c’est bien que notre tête de liste parisienne y livre le combat ;

– le grand projet urbain de la capitale pour les 15 ans à venir c’est Tolbiac/Masséna.

Mais Bertrand Delanoë préfèrera rester en seconde place derrière Daniel Vaillant dans le 18ème, en rappelant que Chirac se faisait élire dans le 5ème derrière Tiberi. Finalement, en fin d’année, Jean-Marie Le Guen se retire et Serge Blisko le remplace à la tête de notre liste.

Cette campagne des municipales de 2001 sera gagnée et les listes de Bertrand Delanoë l’emportent à Paris en gagnant six arrondissements de plus qu’en 1995. Bien sûr, le 13ème bascule à gauche et avec plus de 56% la victoire est éclatante. Serge Blisko s’installe à la mairie du 13ème et trois militants de notre section (Serge Blisko, Myriam Constantin et Pierre Gatignon) deviennent Conseillers de Paris.

Le basculement à gauche de Paris et de Lyon masque un échec relatif car beaucoup de villes moyennes passent à droite : des villes communistes comme Argenteuil, Bobigny et Nîmes mais aussi beaucoup de villes socialistes comme Strasbourg, Aix, Blois, Rouen et Orléans.

Dans notre section après un septennat (1994-2001), Pierre Gatignon cède le poste de secrétaire de section à Annick Olivier, cadre des PTT et militante confirmée, elle est la première femme secrétaire de notre section.

En 1995, lors du débat télévisé de second tour, Lionel Jospin s’était prononcé pour le quinquennat : « il vaut mieux 5 ans avec moi que 7 ans avec vous » avait-il répliqué à Jacques Chirac. Aussi le 24 septembre 2000 par référendum, les français adoptent à une très large majorité (72%) la réduction du mandat présidentiel. Et au printemps 2001, l’Assemblée Nationale adopte sur proposition du gouvernement une inversion du calendrier en repoussant les législatives après la Présidentielle dans une logique de prééminence du Président de la République très Gaullo / Mitterrandiste !

La suite de l’année 2001 est une année d’attente. Plus aucune grande réforme n’est engagée par le gouvernement de Lionel Jospin qui ne s’attaque pas à la nécessaire réforme des retraites. Malgré quelques ajustements ministériels qui permettent notamment à Marie-Noëlle Lienemann de devenir Secrétaire d’Etat au logement et de rejoindre ainsi au gouvernement Jean Luc Mélenchon qui, depuis un an, a en charge l’enseignement professionnel, les Français attendent la présidentielle avec un peu d’inquiétude car les chiffres macro-économiques se dégradent. Jean-Pierre Chevènement, qui a quitté le gouvernement à l’été 2000, commence à faire entendre sa petite musique et la politique « sécuritaire » et « républicaine » qu’il incarnait au ministère de l’intérieur n’est pas relayée avec le même écho par Daniel Vaillant qui lui succède.

L’entrée en campagne à la télé de Lionel Jospin n’est pas bonne (on se souvient notamment du : « mon programme n’est pas socialiste ») et la polémique sur l’âge de Chirac l’oblige à un démenti malheureux. La suite, on ne la connaît que trop. La multiplication des reportages sécuritaires à la télé jusqu’à la veille du scrutin (fausse agression d’Orléans ; tuerie à l’Hôtel de Ville de Nanterre) et l’abondance des candidatures à gauche provoqueront la catastrophe du 21 avril 2002. Lionel Jospin n’est pas au 2ème tour ! Le ciel tombe sur la tête des militants.

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Troisième partie : de 2002 à 2012

2003 : Congrès de Dijon

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Après le choc du 21 avril 2002, François Hollande, Premier secrétaire sortant et seul candidat à sa succession, parvient à préserver l’unité du parti en se montrant très offensif contre la droite. Dans la section, la nette victoire du courant majoritaire est suivie logiquement par l’élection de Philippe Moine face à Marie-José Raymond-Rossi au poste de secrétaire.

2004 : Nette victoire aux Élections Régionales

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Les élections régionales qui se déroulent en 2004 verront le triomphe du Parti Socialiste avec 20 régions sur 22 conquises en métropole. En Ile-de-France, notre camarade Marie-José Raymond-Rossi est élue sur la liste PS conduite par Jean-Paul Huchon.

29 mai 2005 : Référendum sur le Traité Constitutionnel Européen

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Dans la section la campagne est violente et pour la première fois depuis plus de trente ans nos militants se déchireront publiquement ! Des affiches pour le OUI collées par des militants sur les murs du 13ème seront recouvertes par des affiches pour le NON collées par d’autres militants de la section ! Le NON l’emporte en France le 29 mai 2005 avec 55%.

2005 : Congrès du Mans

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Déstabilisé par plus d’un an de querelles européennes, le Parti socialiste porte une nouvelle fois la motion du premier secrétaire François Hollande qui arrive largement en tête avec 54%. Dans la section, le courant majoritaire l’emporte avec 48,5% des voix et Philippe Moine est reconduit comme secrétaire de section.

2007 : Élection présidentielle

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Alors qu’à l’automne 2006 tous les sondages donnaient Ségolène Royal gagnante de la Présidentielle, à partir de janvier Nicolas Sarkozy la devance. La déception est grande chez beaucoup de militants marqués par ce troisième échec depuis 1988 à l’élection majeure.

2007 : Jérôme Coumet devient maire

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Après sa réélection comme député et pour éviter le cumul des mandats, Serge Blisko abandonne son mandat de maire pour être remplacé par son premier adjoint, Jérôme Coumet qui devient à 38 ans le plus jeune maire d’arrondissement de Paris.

2008 : Victoire des Municipales à Paris

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Les élections qui se déroulent les 9 et 16 mars seront un succès pour la gauche qui reprend à la droite un grand nombre de villes. A Paris, Bertrand Delanoë est très largement réélu et dans le 13ème la victoire est large et 4 militants de notre section sont élus au Conseil de Paris : Jérôme Coumet qui reste maire du 13ème, Annick Olivier, Bruno Julliard et Philippe Moine.

2008 : Congrès de Reims

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Avec le retrait annoncé de François Hollande, le combat entre Ségolène Royal, Martine Aubry et Bertrand Delanoë va déchirer le parti. Il faudra attendre une commission spéciale présidée par Daniel Vaillant pour voir Martine Aubry être déclarée vainqueur. 

Dans la section, Etienne Traisnel, chargé de la communication depuis plusieurs années va gagner nettement cette élection face à Emmanuel Borde avec 60% des suffrages.

2009 : La section 13ème Ouest devient Lucie Aubrac

Lucie Aubrac (1912-2007) resistante francaise, ici a l'epoque de la seconde guerre mondiale --- Lucie Aubrac (1912-2007) member of the french resistance here during ww2

L’année 2009 est aussi pour notre section l’occasion de changer de nom. Lucie Aubrac – grande résistante et militante politique, habitante du 13ème ayant soutenu Serge Blisko, décédée 2 ans plus tôt – l’emporte devant Irène Joliot-Curie – physicienne et femme politique née dans le 13ème – et Clara Zetkin, figure du féminisme.

2010 : Révolution numérique

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Etienne Traisnel fera passer la section à l’âge du numérique en éditant notre bulletin de section sous format électronique au grand dam de quelques anciens nostalgiques. Pendant ce temps, Martine Aubry essaie de remettre le Parti au travail avec notamment le Laboratoire des idées.

2010 : Nouvelle ``vague rose`` aux élections régionales

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Le Parti qui dirige 20 régions métropolitaines sur 22 peut difficilement faire mieux. Pourtant, l’anti-sarkozysme est tel dans le pays que nous parviendrons à améliorer encore le résultat en remportant en mars 2010, 21 régions sur 22 ; seul l’Alsace restera à droite.

2011 : Les Primaires Citoyennes

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La primaire avec 6 candidats se déroulera les 9 et 16 octobre 2011. Elle passionnera les Français, mobilisera les militants pour tenir les milliers de bureaux de vote et permettra à près de 3 millions de Français de choisir le candidat socialiste après 3 débats télévisés de grande qualité. Finalement François Hollande l’emportera au second tour face à Martine Aubry avec 57% des voix.

Troisième partie : de 2002 à 2012

Texte issu des réunions du Groupe du Travail – Version Octobre 2015


Le lendemain, après une nuit au cours de laquelle beaucoup de militants ne dormiront pas, le local est envahit par des militants effondrés et des sympathisants effarés.
Le dilemme que Lionel Jospin a créé en annonçant le soir même son retrait de la vie politique sera vite balayé par les appels clairs des principaux dirigeants du Parti (Hollande, Rocard, Fabius, Strauss Kahn) pour faire barrage à Le Pen.

Dans la section il faut faire face et gérer l’intendance car ce sont les militants qui président les bureaux de vote et assurent le fonctionnement électoral et démocratique de l’arrondissement. Le sens pratique et l’autorité qu’elle a acquise à la tête de notre section, permettront à Annick Olivier de canaliser toute cette énergie et de maitriser parfaitement cette quinzaine difficile.

Entre les deux tours, le 1er mai donnera lieu à des rassemblements unitaires et très imposants ce qui redonnera quelques forces aux militants pour tenir les bureaux de vote d’une élection sans candidat de gauche !

Aux législatives qui suivent la gauche et le Parti Socialiste vont sauver les meubles et dans le 13ème nos deux candidats Serge Blisko et Jean Marie Le Guen seront réélus.

L’année suivante en 2003 au Congrès de Dijon, 6 motions vont s’opposer. Celle regroupant les principaux dirigeants (Hollande, Fabius, DSK) recueillera près de 70%. Les grands thèmes du congrès sont l’inventaire du gouvernement Jospin et ses principales mesures (35 heures, privatisations, fiscalité). Le débat sur la nécessaire réforme des retraites qui n’a pas été engagée, comme les propositions pour une 6ème République avancées par NPS (Montebourg, Peillon) et un nouveau partage du travail proposé par la motion Utopia sont les autres thèmes du congrès. Dans la section, la nette victoire du courant majoritaire est suivie logiquement par l’élection de Philippe Moine face à Marie-José Raymond-Rossi au poste de secrétaire qu’Annick Olivier ne souhaite plus occuper.

Les élections régionales qui se déroulent en 2004 verront le triomphe du Parti Socialiste avec 20 régions sur 22 conquises en métropole. En Ile-de-France, notre camarade Marie-José Raymond-Rossi est élue sur la liste PS conduite par Jean-Paul Huchon. Toute la presse note le triomphe en Poitou – Charente de Ségolène Royal qui sera surnommée par certains la « Zapatera » en référence au premier ministre socialiste qui gouverne en Espagne.

Mais à peine les Présidents de Conseils Régionaux s’installent-ils dans leur fauteuil que le débat sur le traité constitutionnel européen qui va être soumis en 2005 à référendum va profondément diviser notre cher Parti Socialiste.

Tout démarre à l’été 2004 par une tribune publiée dans le Monde avec le titre : « Projet de Constitution : plutôt non, pour une vraie ambition européenne ». Les signataires en sont Paul Quilès, Didier Migaud, Manuel Valls et Marie-Noëlle Lienemann. Les deux premiers sont des leaders historiques du courant Fabiusien.

A partir de la publication de ce texte, qui apparaît – lorsqu’on le relit – lucide et raisonnable, le train de la division va s’emballer et finir par dérailler.

Début septembre Laurent Fabius prend position pour le NON au Traité Constitutionnel Européen estimant qu’il graverait dans le marbre l’orientation libérale de l’UE et se positionnant dans une « opposition frontale » au gouvernement. Dans la section, le « courant Fabius » va exploser : Serge Blisko, après avoir hésité, rejoint le NON avec Annick Olivier et Pierre Gatignon les anciens secrétaires de section ; en revanche, Philippe Moine, le nouveau secrétaire de la 13ème Ouest, les jeunes qui l’entourent et quelques anciens historiques (Avril, Giblin, Patino) sont partisans du OUI, estimant que le Traité présente plus d’avantages que d’inconvénients. Le divorce des fabiusiens de la section sera consommé lors d’un dîner, pas très convivial comme on peut s’en douter, dans le restaurant asiatique de la rue du Moulinet, le soir de l’intervention de Laurent Fabius à la télévision.

Les Assemblés Générales de l’automne seront dures, les débats acharnés et c’est une section très divisée qui votera au référendum interne le 1er décembre 2004. Finalement le OUI l’emportera de justesse dans la section avec 53% des voix (97 oui / 87 non) tandis qu’au plan national il recueille 60% des suffrages. Malheureusement, si certains minoritaires acceptent le vote démocratique des militants, comme Blisko dans la section et Valls au niveau national qui appelleront à voter OUI, d’autres comme Emmanuelli et Mélenchon feront une campagne acharnée contre la position de leur Parti. Après un voyage aux Etats-Unis et un silence de quelques mois, Fabius les rejoindra car il sent bien que le NON va l’emporter en France.

Dans la section la campagne est violente et pour la première fois depuis plus de trente ans nos militants se déchireront publiquement ! Des affiches pour le OUI collées par des militants sur les murs du 13ème seront recouvertes par des affiches pour le NON collées par d’autres militants de la section ! Le NON l’emporte en France le 29 mai 2005 avec 55%.

Au Parti Socialiste la déchirure est terrible et le conflit très profond va laisser des traces. Au Conseil national qui suit début juin, les « nonistes » sont exclus de la direction du Parti et on repart pour un nouveau congrès qui se déroulera à l’automne au Mans.

Les cartes sont rebattues mais c’est une nouvelle fois la motion du premier secrétaire François Hollande qui arrive largement en tête avec 54% ; elle est soutenue par divers candidats qui ont ou vont annoncer leur candidature à la Présidentielle comme Dominique Strauss Khan, Jack Lang ou Ségolène Royal mais aussi Martine Aubry. La motion du NPS avec Vincent Peillon, Arnaud Montebourg, Henri Emmanuelli et Benoit Hamon arrive en seconde position avec 24%. Laurent Fabius, dans le droit fil du référendum, a quitté la majorité pour signer une motion avec Jean-Luc Mélenchon qui recueillera 21% des voix. François Hollande, qui a réalisé la synthèse au congrès (sauf avec Arnaud Montebourg et la 6ème République), reste le premier secrétaire du Parti Socialiste.

Dans la section, la bataille a été homérique et le courant majoritaire l’emporte avec 48,5% des voix ; à la CA, grâce à la répartition des sièges à la plus forte moyenne, le courant majoritaire sort gagnant et Philippe Moine est reconduit comme secrétaire de section malgré l’alliance de NPS et du courant Fabius/Mélenchon.

En cet automne 2005, ce n’est pas notre Congrès mais les émeutes dans les banlieues qui font la une des journaux télévisés. Sarkozy « premier flic de France » occupe chaque jour le devant de la scène et sa candidature à la prochaine présidentielle est inéluctable.

Au Congrès du Mans, aucun candidat socialiste ne s’est affirmé et le 15 décembre 2005 la une du Nouvel Observateur sur Ségolène Royal intitulée : « Et si c’était elle ? » va créer l’événement et le lancement de la primaire socialiste.
Jack Lang qui participe à la direction du parti et a en charge son développement lance l’adhésion à 20 euros. Elle va permettre au Parti d’augmenter considérablement ses troupes et à notre section de dépasser les 900 adhérents au cours de l’année 2007.

Les Assemblées Générales de la 13e Ouest se déroulent désormais dans la grande salle Bruxelles du FIAP et réunissent plus de 100 militants chaque mois ; à chaque AG une dizaine de nouveaux adhérents se présentent. Leur diversité apporte incontestablement du sang neuf à la section.

Fin août 2006, à La Rochelle, Lionel Jospin vient à la rencontre des militants et livre une confession émouvante au cours de laquelle il dit sa disponibilité pour être le candidat des socialistes. Mais un mois plus tard, n’ayant pas réalisé l’unité autour de sa candidature, il se retire et finalement trois candidats se déclarent fin septembre : Ségolène Royal, Dominique Strauss Kahn et Laurent Fabius. Après trois débats très suivis sur les chaînes parlementaires, c’est Ségolène Royal qui triomphe le 16 novembre 2006, avec plus de 60% des voix.

Dans notre section dirigée par Philippe Moine et ses jeunes amis qui soutiennent Ségolène Royal, celle-ci va l’emporter nettement. Elle obtient 46% de voix devant DSK 32% et Fabius 22%. La page de la section la plus fabiusienne de Paris est définitivement tournée.

Malheureusement, le PS n’a pas (encore) la culture de la primaire, et entre Ségolène Royal qui ne sait pas suffisamment tendre la main aux vaincus et les éléphants qui boudent ostensiblement la candidate, le courant passe mal. La candidate préfère s’appuyer davantage sur son mouvement « Désirs d’Avenir, laboratoire d’idées, citoyen et participatif » que sur le Parti. Aux meetings traditionnels, elle préfère les « débats participatifs » dont un dans le 13ème, intitulé « Justice sociale / Institution judiciaire » connaît un réel succès en réunissant plus de 200 participants. Par ailleurs, comme Edith Cresson en son temps, elle se heurte au machisme ambiant notamment dans la classe politique et les medias.

Ainsi alors qu’à l’automne 2006 tous les sondages donnaient Ségolène Royal gagnante de la Présidentielle, à partir de janvier Nicolas Sarkozy la devance. L’entrée en campagne des autres candidats et en particulier celle de Bayrou accentuera ce renversement de tendance qui ne sera plus remis en cause. Sarkozy, qui a siphonné une partie des électeurs du Front National, dépasse les 30% au premier tour et devance Ségolène Royal qui obtient un peu plus de 25%.

Un dernier meeting d’entre deux tours, sous le soleil et dans un esprit de fraternité au stade Charléty, ainsi qu’un face à face télévisé plutôt réussi ne permettront pas d’échapper à la défaite annoncée. La déception est grande chez beaucoup de militants car Ségolène Royal ne laisse pas indifférent et ses partisans la soutiennent avec une certaine ferveur. Les autres sortent aussi marqués par ce troisième échec depuis 1988 à l’élection majeure.

Dans le 13ème, les militants s’engagent immédiatement dans les législatives qui suivent. Nos deux députés sortants dans le 13ème sont reconduits. Ils seront bien aidés par l’intervention de Laurent Fabius à la télé le soir du 1er Tour, qui interpelle Jean Louis Borloo nouveau ministre des finances sur le projet de TVA sociale. Celle-ci ne verra pas le jour et Borloo changera de ministère !

C’est un Parti et des militants un peu groggys qui se retrouvent fin août à La Rochelle pour la 15ème université d’été. Les Ségolènistes qui sont majoritaires dans la section et dans le Parti espèrent transformer leur succès de la Primaire mais le rebond est difficile.

Un autre sujet tient le devant de la scène dans notre section. Après sa réélection comme député et pour éviter le cumul des mandats, Serge Blisko abandonne son mandat de maire pour être remplacé par son premier adjoint, Jérôme Coumet qui devient à 38 ans le plus jeune maire d’arrondissement de Paris. Dans la perspective des municipales de 2008, il change de section et rejoint la 13ème Ouest en septembre 2007. C’est à la même période que Bruno Julliard, dans la foulée de son engagement de jeune syndicaliste étudiant et de président de l’UNEF, rejoint notre section et la liste socialiste dans l’arrondissement. C’est donc avec cette nouvelle donne qu’il faut constituer la liste socialiste pour le 1er tour des élections municipales qui vont se dérouler au printemps 2008. Les militants Ségolènistes qui sont majoritaires dans la section mais qui n’ont pas encore pu se compter lors d’un congrès, devront se démener pour y être justement représentés.

Ces élections qui se déroulent les 9 et 16 mars seront un succès pour la gauche qui reprend à la droite un grand nombre de villes comme Toulouse, Strasbourg, Caen, Metz et Argenteuil… A Paris, Bertrand Delanoë, qui a réalisé pendant sa mandature la première tranche du tramway, mis de l’ordre dans l’attribution des logements sociaux, installé les Vélib, lancé pendant l’été les très populaires « Paris plage » est très largement réélu. Dans le 13ème il n’a manqué qu’une poignée de voix à la liste de gauche qui a obtenu 49,5% – alors que les écologistes n’y participaient pas – pour être élue au 1er Tour. Au second tour la victoire est large et 4 militants de notre section sont élus au Conseil de Paris : Jérôme Coumet qui reste maire du 13ème, Annick Olivier, Bruno Julliard et Philippe Moine.

Malgré la victoire des municipales, l’ambiance n’est pas bonne dans les sections dont les effectifs commencent à se dégonfler. Les cicatrices du référendum sur le traité constitutionnel ne sont pas refermées, les deux échecs à l’élection présidentielle en 2002 et 2007 ne sont pas digérés et comme toujours au Parti Socialiste c’est lors du congrès qui va se dérouler à Reims à l’automne 2008 que les militants vont s’affronter.

Ce Congrès restera avec celui de Rennes, comme l’un des plus pathétiques pour les militants. Après l’affrontement Jospin/Fabius/Rocard de 1990, c’est 18 ans plus tard avec le retrait annoncé de François Hollande, le combat entre Ségolène Royal, Martine Aubry et Bertrand Delanoë qui va déchirer le parti.

Le Courant majoritaire qu’Hollande dirige depuis plus de 10 ans va se diviser en trois et ce n’est que lors de l’élection au second tour du premier secrétaire que les militants en connaitront le vainqueur. Et encore, alors que des irrégularités sont dénoncées dans certaines fédérations, il faudra attendre une commission spéciale présidée par Daniel Vaillant pour voir Martine Aubry être déclarée vainqueur. Dans notre section, certains militants seront abasourdis par le déroulé de ce congrès qui les aura vus successivement signer la motion Delanoë car légitimistes envers leur maire soutenu par François Hollande, puis disciplinés voter au premier tour pour Martine Aubry comme l’a demandé Bertrand Delanoë et enfin au second tour soutenir Ségolène car elle était le juste vainqueur moral de ce Congrès. Mais le TSS (tous sauf Ségolène) avait fini par triompher ! Et même si Valls – qui soutenait Ségolène Royal – menaçait de saisir la justice, c’est avec une certaine grandeur et une vraie dignité que Ségolène arrêtera les dégâts en acceptant la victoire de Martine Aubry nouvelle Premier Secrétaire du Parti Socialiste.

Les socialistes de la section, élisent Etienne Traisnel secrétaire de section. Jeune ingénieur en télécoms, ayant fait ses preuves comme adjoint de Philippe Moine chargé de la communication depuis plusieurs années, il va gagner nettement cette élection face à Emmanuel Borde avec 60% des suffrages en obtenant 230 voix sur 380 votants.

Alors que les socialistes pendant cette année 2008 bataillent pour leur congrès, une profonde crise financière balaie le monde et va affaiblir l’Europe pour de longues années. Des pays de la zone Euro vont vaciller et une politique d’austérité très dure sera appliquée dans certains pays européens qui mettront des années à s’en remettre.

C’est cette année là que Mélenchon avec ses fidèles quitte le Parti Socialiste, mais pas son mandat de sénateur socialiste, pour créer le Parti de Gauche et préparer les élections européennes de 2009. Celles-ci ne seront pas bonnes pour les socialistes qui, conduits par Martine Aubry, n’obtiendront que 16,5% des voix. Ces élections seront marquées par la poussée des écologistes qui, sous la houlette de Daniel Cohn-Bendit, feront jeu égal avec les socialistes.

Mais cette année 2009 est aussi pour notre section l’occasion de changer de nom. Notre secrétaire et sa Commission Administrative proposent au vote des militants trois noms de femmes : Lucie Aubrac – grande résistante et militante politique, habitante du 13ème ayant soutenu Serge Blisko, décédée 2 ans plus tôt – l’emporte devant Irène Joliot-Curie – physicienne et femme politique née dans le 13ème – et Clara Zetkin, figure du féminisme. Son mari Raymond Aubrac, qui mourra en 2012, rendra visite à notre section et nous fera part de sa reconnaissance.

Etienne Traisnel fera passer la section à l’âge du numérique en éditant notre bulletin de section sous format électronique au grand dam de quelques anciens nostalgiques. Il recentrera les AG sur des thèmes avec la présence de témoins ou d’experts qualifiés et organisera la salle d’AG en disposant les chaises en rond pour plus de convivialité. Mais cette disposition est aussi celle de l’arène et les débats resteront vifs et animés entre les militants de notre section.

Pendant ce temps, Martine Aubry essaie de remettre le Parti au travail avec notamment le Laboratoire des idées destiné à alimenter le projet du PS. Elle propose au vote des militants un ensemble de réformes statutaires dont le non-cumul des mandats et la « primaire ouverte » pour l’élection présidentielle.

La préparation des élections régionales qui doivent se dérouler début 2010 occupe aussi les esprits. Le Parti qui dirige 20 régions métropolitaines sur 22 peut difficilement faire mieux. Pourtant, l’anti-sarkozysme est tel dans le pays que nous parviendrons à améliorer encore le résultat en remportant en mars 2010, 21 régions sur 22 ; seul l’Alsace restera à droite.

La politique de la droite qui ne parvient pas à diminuer le taux de chômage et la gestion de Sarkozy qui est toujours dans la provocation et la recherche du clivage par exemple avec la question de « l’identité nationale », permettent à la gauche d’engranger des victoires et de ne pas trop se poser de questions sur les solutions pour sortir le pays de la stagnation et sur les réformes à enclencher pour moderniser le pays et lui permettre d’affronter la mondialisation. Celle-ci n’est remise en cause que par les partis extrêmes et peut-être une minorité du Parti Socialiste. Il est plus facile de s’opposer sur le report de l’âge de la retraite que de faire des propositions pour rééquilibrer les comptes sociaux qui sont dans le rouge. Et cela évite de se diviser.

Lorsque l’année 2011 démarre, toute la classe politique ne pense plus qu’à la présidentielle de 2012 qui se profile. Fillon est resté premier ministre malgré la tentation à l’automne 2010 de le remplacer par Borloo et, au Parti Socialiste, tout le monde ou presque attend le retour de DSK que tous les sondages donnent grand vainqueur de la prochaine élection.

Au printemps 2011 Martine Aubry présente le Projet du Parti Socialiste et annonce la couleur : plafonnement des salaires des patrons, banque publique d’investissement, TVA éco-modulable, 300.000 « emplois d’avenir » pour les jeunes, 150.000 logements sociaux par an… Lors de son Conseil national en 2010, le Parti Socialiste s’était engagé à organiser une primaire ouverte à l’automne 2011 pour choisir son candidat à la Présidentielle. Alors que Ségolène Royal et Arnaud Montebourg ont déjà annoncé leur candidature, le 30 mars 2011, après les élections cantonales qui lui ont permis de conserver la présidence du Conseil Général de la Corrèze, François Hollande annonce qu’il sera également candidat à la primaire. Seule Martine Aubry reste silencieuse en attendant la décision de DSK qui est président du FMI. Mais l’épisode du Sofitel de New York le samedi 14 mai 2011 va tout bouleverser…

La primaire avec 6 candidats se déroulera les 9 et 16 octobre 2011. Elle passionnera les Français, mobilisera les militants pour tenir les milliers de bureaux de vote et permettra à près de 3 millions de Français de choisir le candidat socialiste après 3 débats télévisés de grande qualité. Finalement François Hollande l’emportera au second tour face à Martine Aubry avec 57% des voix. Cette primaire sera saluée par tous comme une réussite démocratique et les critiques très violentes de la droite au début du processus disparaitront peu à peu. Elle va permettre aux Français de mieux connaitre Arnaud Montebourg et Manuel Valls, elle fera pleurer Ségolène Royal qui ne s’attendait pas à son échec, et permettra aux socialistes de partir d’un bon pied à la conquête de la Présidence. Certains militants regretteront l’organisation d’un second tour qui n’apportera qu’un peu plus de tension entre les deux finalistes.

Martine Aubry qui était en congé du Parti pendant la primaire redevient le lendemain, secrétaire du Parti Socialiste et conclura avec les Verts le 15 novembre un accord national qui sera très critiqué par beaucoup de militants et en particulier par ceux de la section Lucie Aubrac car il condamne au retrait notre député Serge Blisko, la 10ème circonscription (redécoupée) étant réservée aux Verts !

La suite est connue de tous. Après une campagne sérieuse et qui connaitra deux temps forts, le meeting du Bourget le 20 janvier avec la célèbre phrase « mon ennemi c’est la finance » et l’émission de télévision du 27 février au cours de laquelle il annonce la taxation à 75% des revenus supérieurs à 1 million d’euros, François Hollande est en tête au 1er tour avec 29% des voix. Le Front National réalise avec plus de 17% des voix un score supérieur à 2002 et Mélenchon qui n’atteint pas 12% semble déçu et appelle à voter François Hollande au second tour. L’entre deux tours voit une campagne très à droite de Sarkozy qui, sous l’influence de Patrick Buisson, part à la pêche des voix frontistes.

Du traditionnel débat d’entre les deux tours, restera à la mémoire de tous les français la longue anaphore de François Hollande « moi Président » avec ses 15 tirades. Le 6 mai 2012 avec plus de 18 millions de voix François Hollande devient le 7ème président de la Vème République.

Dans la foulée, la gauche remporte les élections législatives, Jean-Marie Le Guen gardant la 9ème circonscription (étendue au quartier Croulebarbe) et Denis Baupin d’EELV prenant la 10ème circonscription (Maison Blanche et sud du 14ème).

On peut conclure en reprenant, comme en 1981, l’expression de Bracke au conseil national du Parti socialiste SFIO, le 10 mai 1936 à l’arrivée du Front Populaire au pouvoir : « Enfin, les difficultés commencent pour nous ! ». On ne saurait mieux dire.

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