Questions-Réponses pour la culture à Paris – Musiques et danse

LA CULTURE EN MOUVEMENT
Synthèse du rapport général issu des travaux de la Commission Fédérale Culture
Patrick BLOCHE et François ADIBI

Ce document est la synthèse du rapport général qui comprend les fiches concernant : les ateliers d??écriture cinéma, la mode, le marché et les métiers d??art, le patrimoine immobilier, la francophonie, les apports du métissage culturel, les pages culture interactives pour les sites Internet, et « la culture peut créer plus d??emplois que le high-tech ».

9 Musiques et danse

  • Quel est, aujourd’hui, le paysage parisien des musiques actuelles ?

Paris représente environ 20% des activités du secteur des musiques actuelles référencées au niveau national. Cette donnée varie suivant la nature des activités : les organismes professionnels et les industries culturelles (sociétés liées aux secteurs phonographiques, médias…) sont majoritairement localisées à Paris.
La diffusion musicale à Paris (structures organisant des concerts régulièrement) :
– Une quinzaine de salles, dont la jauge public est de plus de 1200 places,
– Une vingtaine de salles, dont la jauge public varie de 400 à 1200 places,
– Environ 120 salles, dont la jauge public est de moins 400 places.

  • Quelles propositions pour une meilleure diffusion des musiques actuelles ?

Plusieurs propositions pour une politique culturelle s’adressant aux musiques actuelles et aux nouvelles formes émergentes.
Aides diverses : Aider les petits lieux, dont l’économie est fragile, présentant une programmation artistique régulière semble nécessaire pour faciliter l’émergence de nouveaux talents. Une aide sur la communication et des aides à l’investissement et au fonctionnement, dans le cadre d’une politique de conventionnement (Ville, Région Etat) en cohérence avec les aides développées par le Fonds de Soutien aux variétés (retour sur la parafiscale), pourraient être envisagée.
Fonds de garantie : Première proposition, la création d’un fonds de garantie permettrait, pour la filière musicale constituée de micro-entreprises (labels phonographiques, éditeurs, producteurs de spectacles, lieux de diffusion, etc.), de chercher les moyens financiers pour se développer et être ainsi source de création d??emplois.
Structures d’accueil : A l’exemple des nombreuses collectivités locales et territoriales qui, en France, prennent en compte les musiques actuelles dans leurs politiques culturelles, il nous semble nécessaire de proposer des structures d’accueil et des formules d’accompagnement musical pour les musiciens dans le cadre de leur pratique collective (en groupe).
Ecoles associatives spécialisées : Dans ce cadre, plusieurs solutions sont envisageables. Créer dans les arrondissements (lorsqu’elles n’existent pas) des écoles associatives spécialisées disposant de structures de répétition qui abordent l’ensemble du champ des musiques actuelles (rock, jazz, rap, musiques électroniques, etc.,) à des coûts abordables pour l’ensemble de la population, ceci en créant des passerelles avec les conservatoires de musique municipaux.
Missions d’intérêt général de proximité : Des missions d’intérêt général de proximité pourraient être confiées à ces structures associatives afin qu??elles apportent du conseil, de l’information, qu??elles réalisent des actions de sensibilisation, qu??elles fournissent une aide logistique pour les fêtes de quartiers, etc., aux musiciens locaux, aux écoles, aux associations et plus généralement à la population de l’arrondissement.
Centre de ressources pour les musiques actuelles : Enfin, la constitution d’un centre de ressources pour les musiques actuelles à Paris (information, documentation, conseil, évaluation…) peut compléter le projet de « maison des pratiques amateurs » ou bien s’articuler autour du Centre national d’information et de ressources des musiques actuelles situé à Paris.

  • Comment rééquilibrer la politique musicale ?

Rééquilibrage : une politique musicale qui, aujourd??hui, se contente d??osciller entre l??offre institutionnelle de haute qualité et une sporadique  » action culturelle  » de quartier, très pauvre en moyens. ( 40 % du financement de l??Orchestre de Paris et 80 % de celui de l??Ensemble Orchestral de Paris, la Ville de Paris rémunère à peine plus d??une centaine d??artistes permanents)
Lieux de répétition : Fournir des lieux de répétitions aux ensembles de musique et aux chanteurs est certes un objectif important, mais insuffisant. Ces ensembles doivent pouvoir vivre et se produire, et pas seulement répéter à Paris. La subvention de fonctionnement n??est pas un  » doigt dans l??engrenage  » si les ensembles qui en sont bénéficiaires participent vraiment à l??aménagement du territoire culturel parisien, avec les compétences et l??engagement qu??ils peuvent mettre à son service. C??est le moyen d??éviter une diffusion musicale à deux vitesses.
Aménagement du territoire musical : La participation des institutions de la Ville de Paris à cet aménagement du territoire musical peut et doit être sollicitée, à l??image de l??implication de l??équipe du Théâtre de la Ville dans la gestion du Théâtre des Abbesses. Mais d??autres organismes peuvent être envisagés. Ainsi, Radio France, le plus important des producteurs de concerts à Paris, sort-il régulièrement de sa  » maison ronde  » pour des séries de concerts. Cette programmation hors les murs ne pourrait-elle pas être concertée ?
Une politique concertée entre secteur privé et public doit faire l??objet d??une nouvelle réflexion et d??études sérieuses en ce qui concerne notamment la diffusion musicale sur de petites jauges.
Locaux insonorisés : Créer un ensemble de locaux d??habitation insonorisés pour les artistes.

  • Comment peuvent évoluer les missions
    des conservatoires de musique ?

Mission des conservatoires : La Ville de Paris a ouvert 18 Conservatoires municipaux d??arrondissement et la Maison des Conservatoires pour un total de 15.000 élèves, et répond seulement au tiers des demandes exprimées par les parents.
La mission des conservatoires est d??initier, hors temps scolaire, les Parisiens de tous âges aux musiques mais aussi à l??art dramatique et à la danse. Des transformations doivent être faites pour que les musiques (musiques du monde, classique, jazz, variété, contemporaines, médiévales,…soient présentes dans ces cycles d??initiation et de formation à vocation non professionnelle pour le plus grand nombre.
ll faut recadrer les missions et volumes d??activité des écoles de musique municipales de Paris. La Ville ne répond pas à sa mission de base, qui n??est pas la préparation aux concours d??entrée dans les écoles supérieures.
Corps des professeurs de musique : La ville de Paris dispose de manière exceptionnelle d??un corps de professeurs de musique de la Ville, mais le classicisme des formateurs et des programmes va à l??opposé de ces éléments déterminants des cultures qui se mêlent dans Paris que sont leurs musiques.
Eveil musical à l’école : Comme le font la plupart des villes d??Europe, Paris doit placer l??éveil à la musique dans l??école dans le cadre d??un partenariat entre l??Etat et la Ville. Le maire, responsable des écoles maternelles, primaires et des collèges (département de la Seine), s??efforcera de mener une politique de concertation avec l??Education Nationale pour ouvrir davantage les écoles en dehors du temps scolaire.
Gestion des conservatoires : Associer les élèves, leurs parents et leurs professeurs pour rendre plus transparent la gestion des conservatoires
Fonds d’instruments : Renforcer le fonds d??instruments de musique pour permettre à tous de disposer du matériel nécessaire.
Insertion professionnelle : Favoriser l??insertion professionnelle des artistes ainsi formés, et organiser régulièrement des auditions devant un auditoire constitué d??employeurs potentiels (agents, producteurs, directeurs de salles, chefs d??orchestre, etc?). Et valoriser par des résultats la qualité des formations dispensées.

  • Quel est l’état des lieux de la danse à Paris ?

Etat des lieux : Avec plus de 150 compagnies professionnelles, et près de 3000 salariés intermittents parisiens danseurs et chorégraphes (auxquels il convient d??ajouter les  » permanents  » des théâtres nationaux, et les très nombreux danseurs semi professionnels et amateurs), la danse est très présente à Paris.
Pourtant les lieux de travail et de présentation des productions sont quasi inexistants. Paris, capitale, ne peut se cantonner à la belle vitrine que constitue le Théâtre de la Ville, à la programmation contemporaine qui a su accueillir les plus grands chorégraphe mondiaux, sans s??ouvrir à sa propre population qui elle, fait envers et contre tout, ses preuves partout en Europe, sauf à Paris.

  • Comment développer la danse sous toutes ses formes ?

Programmations adaptées : Inscrire au cahier des charges des théâtres d??arrondissement une programmation de danse adaptée aux configurations des lieux.
Résidences et travail de proximité dans les quartiers : Instituer dans les quartiers, grâce aux théâtres d??arrondissement et aux centres d ??animation, des résidences à durée limitée et non renouvelables de 1 à 3 ans. Un travail de proximité avec les associations, les établissements scolaires, les personnes âgées, sera effectué par ces équipes résidentes dans le cadre d??un contrat spécifique.
Nouveaux lieux de travail et de répétitions : Proposer aux artistes des lieux de travail adaptés à des conditions tarifaires raisonnables (25 à 40frs / heure / studio) . Un recensement des lieux municipaux et para municipaux et des plannings d??utilisation des studios de répétition de toute la capitale devra être réalisé en temps réel afin de permettre d??optimiser leurs occupations.
Festival international de la danse à Paris : Transformer le  » Concours de Danse de la Ville de Paris « , en un vrai festival international ouvert à tous les courants de la danse.
Accueil des troupes : Aider les lieux privés d??exploitation ( Ménagerie de Verre, Théâtre de la Bastille, Etoile du Nord, Théâtre de la Cité Internationale, ?) à accueillir les troupes chorégraphiques et ballets.
Soutenir la danse urbaine : le Hip Hop
Un fonds de subvention pour la création chorégraphique par la création d??un fonds de subvention spécifique, ainsi qu??il existe pour le théâtre, soumis par l??intermédiaire d??une commission spécialisée à l??approbation des conseils d??arrondissements ou du Conseil de Paris.

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